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« Ce nouveau bâtiment sera le symbole d'un gros projet d'investissement pour l'entreprise. » Quand Marc Megemont évoque les 3500 m² de sa nouvelle usine qui devrait voir le jour à l'automne prochain, il ne parle pas seulement d'un déménagement mais d'un nouvel élan pour Mecauv, entreprise de mécanique spécialisée dans la fabrication en petites séries de pièces de grande dimension et dans la réalisation de machines spéciales. Les actuels locaux situés sur la zone industrielle de Gerzat ne suffisent plus, il profite de l'extension de la zone pour s'offrir 2500 m² d'ateliers où seront investis plus de 500 000 euros de matériel. Ce déménagement pour cause d'agrandissement avait été envisagé dès la reprise en 2000 de Mecauv par celui qui n'avait alors que 40 ans. « Mais les attentats du 11 septembre ont ralenti le marché, nous avons fait le dos rond pendant trois ans et n'avons jamais cessé de faire des bénéfices », raconte l'entrepreneur soulagé d'avoir traversé « cet orage sans trop de dégâts ». « A l'intérieur de ce bâtiment, on pourra faire des choses plus importantes en terme de volumes et aussi en terme de budget, je pense aux machines spéciales... Aujourd'hui nous sommes limités à 4 tonnes par pièce, mais là nous pourrons monter jusqu'à 7 à 8 tonnes par pièces. Donc des nouveaux marchés s'ouvrent. Et des clients sont impatients que ces nouvelles machines soient opérationnelles. Elles disposeront de commandes numériques reliées au système de CFAO, conception et fabrication assistées par ordinateur, pour faire des pièces que je ne peux pas concevoir aujourd'hui et que ces clients voudraient me confier. Il ne faut pas que je tarde, sinon les marchés vont partir ailleurs et ils ne reviendront pas. » |
Voir plus grand
Jusque là, principalement constituée d'équipementiers automobiles et de pneumaticiens, dont la manufacture Michelin, (« quand on est un fournisseur régulier de Michelin, c'est un bel atout »), la clientèle de Mecauv est en passe de s'ouvrir à d'autres secteurs comme celui de l'énergie (chimie-pétrole). « Ce marché m'intéresse car les clients n'achètent rien ni en Chine, ni en Roumanie. Il est vrai que c'est tellement tendu en termes de délai et de technicité, que les Chinois et les Roumains ne sont pas acteurs de ce métier-là. Donc au lieu de me lamenter en disant les Chinois piquent tous nos marchés, je préfère agir pour assurer la survie et la pérennité de ma société. Je vais sur des niches où je me bats à armes égales socialement parlant avec les pays émergeants. » Mais prudent, Marc Megemont ne donnera guère plus d'informations sur ce nouveau client si ce n'est que « c'est une très belle référence » et qui lui a permis l'an dernier « une croissance de plus 30% ». Le dynamisme de cet ingénieur des Mines a également bénéficié à une autre entreprise clermontoise, la Saual qu'il a reprise le 3 janvier dernier alors qu'elle était menacée de fermeture. « Ce n'était pas planifié. Ils sont venus me chercher. Sur les onze personnes du départ, nous avons pu conserver huit postes, et je me suis engagé à ce qu'ils ne bougent pas du Brézet avant deux ou trois ans. Et puis, avec la Saual qui fait de la mécanique classique, nous élargissons notre potentiel de service. » "Voir plus grand, toujours plus grand" pourrait bien devenir l'une de ses devises, lui qui aspire avant tout de devenir une référence du métier d'abord en Auvergne, puis dans la France entière.
Chiffres clefs
- 20% de croissance /an espérés sur les trois prochaines années qui suivront l'édification de la nouvelle usine, soit à partir de l'automne 2007
- entre 2, 3 millions et 2, 5 millions de chiffres d'affaires par an
- 30 salariés
- plus de 1 million d'euros d'investissement consacré au nouveau bâtiment
- plus de 2500 m² d'ateliers dans le prochain atelier
Dates clefs
1982 : création de Mecauv
2000 : reprise de l'entreprise par Marc Megemont
Janvier 2007 : reprise de Saual
Janvier 2007 : obtention du financement du projet immobilier
Automne 2007 : achèvement du nouveau bâtiment
Retrouvez dans notre dossier "La filière mécanique en Auvergne : des projets et des hommes"
> André Malet, président de ViaMéca
> Laurent Trassoudaine, chef de projet VIPA
> Nicolas Jalibat et Gérard Broussely, les experts Seccmas
> Michel Berducat, ingénieur de recherche au Cemagref
> Thierry Vallenet, directeur d'ISI
> Sylvain Allègre, propriétaire-ingénieur mécanique Speed O Max
> Gérard Merle, propriétaire d'EMI
> Roland Auroy, commissaire général de la Satcar
> Philippe Fouet, président de l'association Automac