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Les clients du karting Speed O Max ne le savent pas forcément : les karts électriques sur lesquels ils peuvent faire des pointes à 70km/h sont des karts en perpétuelle évolution. Sylvain Allègre, propriétaire des lieux, le dit lui-même « nos clients sont nos testeurs ». Car les karts de Speed O Max sont la résultante de nombreuses heures de recherche et d'essai. Aux manettes de l'atelier R&D, Sylvain Allègre ingénieur mécanique de formation assisté de son père, un ingénieur électronique. Ces deux passionnés se sont intéressés à la batterie : ils ont réussi à diminuer par 4 le temps de recharge (12 minutes aujourd'hui contre quarante-cinq minutes voilà neuf ans). Ils étudient actuellement le moyen de prolonger au maximum la vie de cette batterie. Ces deux "géotrouvetout" de la mécanique se sont également penchés sur la problématique du moteur électrique. Tant et si bien qu'ils en ont conçu un garanti quasiment à vie « Il nous a fallu trois ans de travail de développement. Aujourd'hui le moteur figé car il est très fiable. Tous nos concurrents utilisent des moteurs à courant continu, des moteurs disques qui ont des charbons pour faire passer le courant. Or qui dit charbons, dit entretien et une moindre fiabilité. Nos moteurs sont des moteurs sans charbons, bruschless soit des moteurs qui peuvent tourner 80 000 heures sans être démontés. » |
Sylvain Allègre a poussé très loin sa curiosité, aidé en cela par des laboratoires de recherche régionaux (IFMA , Cust, Lasmea...) . Il a ainsi été amené à créer des moteurs "pilotables", avec cinq vitesses variables selon le revêtement (glace, route), selon l'âge et le poids du pilote (enfant, adulte)... « On a même une télécommande pour régler la vitesse à distance ou même pour arrêter le kart à distance en cas de problème », complète-t-il.
Lancer le marché du quad électrique
Aujourd'hui le nouveau projet a toujours quatre roues mais d'un diamètre plus large : Speed O Max s'intéresse au quad électrique, pour un usage urbain de l'engin. « Notre moteur peut équiper le quad de route. » Le marché selon Sylvain Allègre se niche dans les trafics pendulaires de moins de 50 km/jour. « On prouverait ainsi que la voiture électrique a une place de suite à prendre dans les centres-villes. On n'a pas voulu attaquer le marché du vélo électrique car c'est un marché de masse (les Chinois s'y sont mis). Or attaquer un marché de masse, quand on s'appelle Speed O Max ce n'est même pas la peine d'essayer. L'intérêt du quad c'est qu'il n'y a pas de concurrence française, la seule concurrence est coréenne, et encore isl ne se sont pas attaqués à l'électrique. » Si l'électrique n'a pas encore la place qu'il devrait occuper, c'est selon le patron de Speed O Max, dû au fait que pour l'heure, « les constructeurs se contentent d'électrifier les voitures à moteurs thermiques, ils mettent ensuite un moteur à courant continu, donc pour le propriétaire c'est de l'entretien à venir. Alors qu'avec le quad électrique il n'y aura plus de souci de vidanges, plus de chaîne de distribution, plus de cardan à changer etc. C'est autant d'économisé. » Reste encore à trouver un industriel qui s'intéresse au projet pour le développer.
Les chiffres clefs
- Poids d'un kart électrique : env. 150 kg (batteries incluses)
- 6 pistes équipées de Speed OMax sur 600 pistes françaises
- un tour 8 minutes de kart pour 12 minutes de charge pour la batterie
- 80 000 heures d'autonomie pour le moteur Speed O Max
- une heure d'autonomie pour le quad Speed O Max
Les dates-clefs
- 2005 - 2006 : Développement d'une mini moto électrique, d'un side-car. Homologation du quad pour la route.
- Août 2002 : Projet immobilier Rachat et aménagement d'un bâtiment de 5000 m² permettant le regroupement et la rationalisation des 2 activités : piste et production.
- Eté 2000 : Fabrication de 12 karts en série
- Décembre 1998 : Mise en piste du premier prototype
- 14 Juin 1997 : Ouverture de SpeedOMax karting à Clermont-Ferrand (63) Sylvain et Corinne Allegre créent un circuit indoor exploitant des karts électriques. Ces karts de première génération, déjà performants se révèlent vite peu adaptés à l'usage intensif de la location. Sylvain, ingénieur en mécanique et son père (ingénieur en électronique) décident de développer leur propre kart en mettant à profit leurs compétences et l'expérience acquise.
Retrouvez dans notre dossier "La filière mécanique en Auvergne : des projets et des hommes"
> André Malet, président de ViaMéca
> Laurent Trassoudaine, chef de projet VIPA
> Nicolas Jalibat et Gérard Broussely, les experts Seccmas
> Michel Berducat, ingénieur de recherche au Cemagref
> Thierry Vallenet, directeur d'ISI
> Gérard Merle, propriétaire d'EMI
> Roland Auroy, commissaire général de la Satcar
> Philippe Fouet, président de l'association Automac
> Marc Megemont, directeur général de Mecauv