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Alors que la filière automobile ne cesse de s'essouffler en France, Automac, l'association constituée essentiellement de PME travaillant pour l'automobile dans le Massif central, entend bien apporter un nouveau bol d'air à la profession. Après dix-huit ans d'existence, elle vient d'ailleurs de recruter une chargée de mission pour mettre en œuvre cette revitalisation. Les secteurs couverts par la quarantaine d'entreprises adhérentes sont aussi variés que la métallurgie, la mécanique, la plasturgie, le textile, le bureau d'études..., soit tout ce qui a trait de près ou de loin à la voiture. « Automac et ses adhérents représentent 600 millions d'euros de CA par an et 5 000 emplois, et ce, en excluant les grosses sociétés du Massif qui participent régulièrement à l'association comme Valeo, Michelin, Bosch, RVI..., mais qui ne sont pas membres d'Automac », expose Philippe Fouet. Ce dernier préside depuis quatre ans aux destinées de l'association, « qui est purement privée. Certes elle est financée par les cotisations des chefs d'entreprises et les subventions apportées par la Datar via l'Adimac, mais nous sommes libres de nos mouvements », précise-t-il. L'objectif d'Automac est de devenir un guichet unique pour aider ces PME dans leur quotidien, « ViaMéca est plus tournée vers le R&D, alors que nous, nous souhaitons apporter des réponses plus pratiques comme aider à trouver un fournisseur de tel type d'acier, ou vous mettre sur la piste de tel bureau d'études etc. ». |
Ce besoin se fait sentir d'autant plus que nombre d'adhérents d'Automac sont des sous-traitants de deuxième, voire troisième rang, qui peuvent parfois se sentir isolés. Partant du principe que l'union fait la force, Automac entend d'ailleurs jouer un rôle de lobbyiste « au niveau de la fédération de la métallurgie pour pouvoir modifier les délais de paiements : jusqu'à présent les factures étaient payées à 120 jours. Or à force de pression, on a obtenu un accord, signé le 24 janvier, visant à obtenir un paiement à 60 jours nets. »
Rompre les habitudes
Autre mission que souhaiterait développer Philippe Fouet : servir d'interface entre les donneurs d'ordre et les sous-traitants. « On va essayer de travailler à l'envers de tout le monde. On va rencontrer des donneurs d'ordre dans l'automobile et leur demander, par exemple, s'ils achètent du découpage dans le nord de France ou des sangles au Portugal. Ils vont sans doute nous parler prix et technologies. Mais nous allons ainsi mettre le doigt sur les manques de la sous-traitance du Massif. Et puis il n'y a pas que des questions de prix, il y a aussi des habitudes qui peuvent être à notre sens rompues. Il y a également des sous-traitants de deuxième rang qui peuvent travailler pour des sous-traitants régionaux de premier rang comme Valeo. Il faut qu'on les aide à se mettre en relation. »
Depuis trois ans, Automac se soucie de la problématique de l'intelligence économique et elle entend poursuivre ce travail d'alerte auprès des PME par des conférences avec le soutien de la DST. « Des statistiques nous indiquent que dans l'industrie automobile, une entreprise sur deux fait l'objet d'un espionnage quelconque », observe Philippe Fouet.
Le grand chantier d'Automac pour les années à venir concerne paradoxalement la mutation économique de ses adhérents. « Ces entreprises se répartissent en deux catégories : celles qui ont un atout technologique, et il faut les aider à le faire savoir , notamment auprès des constructeurs automobiles. Et puis, il y a toutes les entreprises qui n'ont pas de technologie particulière, elles font une simple sous-traitance de capacité. Celles-là, pour leur survie, il faut les aider à s'ouvrir et à se reconvertir dans d'autres domaines que l'automobile », explique résolument pragmatique son président.
5 dates-clefs :
1989 : Création d'AUTOMAC
2002 : Voyage professionnel à DETROIT, Salon automobile : SAE SHOW
Juin 2004 : Recentrage stratégique sur l'intelligence économique
Septembre 2004 : Assemblée Générale au Mondial de l'Automobile à Paris
Mars 2007 : Embauche à temps plein de Charlotte MENUT, Chargée de mission
5 chiffres-clefs
6 régions, 14 départements : territoire représentant l'ensemble du Massif central, couvert par Automac
1 filière : la filière automobile
450 entreprises potentielles
40 membres adhérents
6 manifestations annuelles : visites d'entreprises et conférences
Retrouvez dans notre dossier "La filière mécanique en Auvergne : des projets et des hommes"
> André Malet, président de ViaMéca
> Laurent Trassoudaine, chef de projet VIPA
> Nicolas Jalibat et Gérard Broussely, les experts Seccmas
> Michel Berducat, ingénieur de recherche au Cemagref
> Thierry Vallenet, directeur d'ISI
> Sylvain Allègre, propriétaire-ingénieur mécanique Speed O Max
> Gérard Merle, propriétaire d'EMI
> Roland Auroy, commissaire général de la Satcar
> Marc Megemont, directeur général de Mecauv