Titre 
Gérard Merle, propriétaire d'EMI 
Résumé 
L'entreprise EMI, spécialisée jusque là dans l'électromécanique dédiée à l'automobile, hausse le ton en s'ouvrant sur le marché plus porteur de l'électronique. Une mutation nécessaire pour éviter la voie de garage. 
 
 

 

   A l'échelle de RGM, la holding que dirige Gérard Merle de son bureau de Brassac-les-Mines (Haute-Loire), la nouvelle salle blanche pour laquelle il a investi un million d'euros est « un petit projet ». En revanche, pour EMI (Electro Mécanique Industrie), une des filiales RGM, cette salle blanche pourrait bien ressembler à une belle opportunité. « On est en train tout doucement de faire la mutation entre l'allumage électromécanique et les nouvelles technologies, en prenant appui sur la carte électronique, le cœur même du produit. Sachant que l'objectif, c'est utiliser à terme l'ensemble de notre parc-machines pour faire des produits semi-finis ou finis », explique Gérard Merle.

Jusque là, EMI, c'était une PME spécialisée dans la pièce détachée, la pièce de rechange pour l'automobile et le vélomoteur. « On maîtrise tous les métiers : du découpage, de l'injection, du surmoulage, du décolletage, du bobinage, de l'assemblage bien sûr, de la sérigraphie et de la tampographie, développe avec une pointe de fierté son dirigeant. Et puis il faut savoir que EMI a racheté à Johnson Controls, l'activité de fabrication de l'allumage Dusselier. Si bien qu'aujourd'hui on est le seul fabricant français de pièces détachées pour l'électromécanique, c'est le système qui permet d'emmener le courant aux bougies, de plus en plus remplacé par des blocs électroniques. » C'est d'ailleurs Johnson Controls, le voisin de Sainte-Florine, qui suggère l'idée de la salle blanche. L'entreprise, qui n'a pas encore été rachetée à l'époque par Valeo, a besoin d'un sous-traitant local pour lisser ses productions de cartes électroniques. «On a donc eu les conseils de cette société pour mettre en place un outil performant « qualité automobile » avec toutes les procédures « qualité » nécessaires. D'ailleurs les machines correspondent aux normes requises pour l'automobile, » raconte Gérard Merle.


Mais Johnson Controls change de propriétaire et le budget des cartes électroniques déménage. « Là on a perdu six mois de développement », reconnaît Gérard Merle. Mais le rapport qualité-prix aidant, de nouveaux contrats sont décrochés. « Nous faisons volontairement des petites séries, on a une ligne très souple, capable de faire de la petite ou de la moyenne série. Quand on a une dizaine de milliers de cartes, ça ne vaut pas le coût de les faire fabriquer en Asie, car il y a des coûts de transport en plus. De plus, la proximité régionale ou nationale est un avantage par exemple pour les audits. De toute façon, notre objectif n'est pas de faire des gros volumes, mais des cartes un peu compliquées, spécifiques, ainsi que des démarrages de séries. »

 

Une activité qui monte en puissance

Cette politique s'est révélée payante car elle permet à EMI de s'écarter de sa route de départ dédiée à la voiture pour d'autres voies, comme celle de la conception de télécommande. « On a été consulté pour la fabrication de télécommande de lit d'hôpitaux. Dans un premier temps, nous allons uniquement nous occuper de la carte électronique, et ensuite on espère bien fabriquer la télécommande complète. Nous avons le parc-machines nécessaire », argumente Gérard Merle

Cette salle blanche et ses cinq salariés actuels est une activité qui monte en puissance. Car comme aime à le souligner son propriétaire, il y a de la place encore dans la salle, il est possible d'ajouter une deuxième machine de "dépose-composants" qui doublerait la capacité. Et éventuellement, de mettre une deuxième ligne qui quadruplerait la production.

S'il est ravi d'avoir signé avec des clients suisses attirés par les prix compétitifs, Gérard Merle espère bien trouver une clientèle de voisinage. «  Je suis persuadé que dans la grande Auvergne, certaines sociétés utilisent des cartes électroniques et vont les faire composer dans la France entière. Je préfère faire travailler les Auvergnats plutôt que les autres. J'espère que la réciproque est vraie. »

Chiffres et dates clefs
- Investissement : 1 million d'euros pour la salle blanche en 2004
- Prévision d'investissements pour 2008-2009 : doublement de la capacité de production
- 5 salariés en 2007 ; 10 salariés prévus pour 2009
- CA : 1, 5 millions d'euros pour 2007 (uniquement EMI)
- CA envisagé pour 2010 : 3 millions d'euros

Retrouvez dans notre dossier "La filière mécanique en Auvergne : des projets et des hommes"
> André Malet, président de ViaMéca
> Laurent Trassoudaine, chef de projet VIPA
> Nicolas Jalibat et Gérard Broussely, les experts Seccmas
> Michel Berducat, ingénieur de recherche au Cemagref
> Thierry Vallenet, directeur d'ISI
> Sylvain Allègre, propriétaire-ingénieur mécanique Speed O Max
> Roland Auroy, commissaire général de la Satcar
> Philippe Fouet, président de l'association Automac
> Marc Megemont, directeur général de Mecauv

 

 
 
Thème 
Automobile
Electronique - electrique
Mécanique 
Type de zoom 
Zoom d'entrepreneur 

Date de validité 
 
 
Proposée par 
ROUCHY Catherine 
Date de création :  
18/10/2007 
Dernière mise à jour :  
19/06/2008