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Ingénieur de recherche au Cemagref, le centre de recherche pour l'agriculture et l'environnement, animateur du thème de recherche « Technologies pour la Mobilité et la Sécurité des Agro-équipements », coordinateur du projet V2I, Véhicules et Infrastructures Intelligents... Michel Berducat cumule les casquettes et les curiosités qui ont toutes en point commun une appétence pour les sciences de l'ingénieur. Il le dit lui-même, « On est là pour lever des verrous scientifiques et technologiques ».
Une des illustrations de cette volonté, les multiples projets portés par V2I, l'un des cinq programmes chapeautés par la FR TIMS, la Fédération de Recherche « Technologies de l'Information, de la Mobilité et de Sûreté ». Michel Berducat s'occupe particulièrement des « véhicules intelligents en milieux naturels » Autrement dit, et en simplifiant à l'extrême, la robotisation des machines agricoles. La plate-forme Aroco est l'une des concrétisations des recherches sur la mobilité en milieux naturels. Sur ce véhicule est testée « une intelligence provenant de différents systèmes de perception pour obtenir une robustesse dans les performances et une précision importante dans le guidage. » Car s'il existe déjà des véhicules assistés par ordinateur, ce que certains appellent des aides à la conduite, il n'existe pas encore de systèmes pouvant fusionner des « capteurs multi sensoriels. » |
La machine agricole du futur pourrait semer, épandre ou moissonner en rationalisant au maximum ses déplacements et donc son énergie. L'idée est de décharger l'homme d'une tâche répétitive. A l'exemple de l'avion. Le pilote est, à bord, indispensable pour les grosses manœuvres comme le décollage et l'atterrissage, et entre les deux, le pilotage automatique lui simplifie la tâche et l'assiste. Et si Aroco peut rouler aujourd'hui sans personne à son bord, seulement aidé par un système GPS, il le doit en grande partie à cette pluridisciplinarité offerte par le TIMS qui n'a de cesse d'ouvrir les portes des différentes chapelles scientifiques, comme le confirme Michel Berducat : « on a associé des compétences complémentaires des différents laboratoires de recherches clermontois. C'est une force et une richesse car ces machines, ces démonstrateurs comme Aroco nous permettent de travailler avec les acteurs de l'aval que sont les industriels. »
Vers une troisième voie
Mais les chercheurs qui se penchent sur la problématique du véhicule intelligent en milieux naturels, voient plus loin encore. Selon Michel Berducat, la recherche mondiale sur ce domaine propose deux voies : soit des machines agricoles toujours plus grandes, plus voraces en énergies et en espace, soit des machines miniatures robotisées « capables d'agir de façon individualisée sur chaque plante de la parcelle (agriculture de précision à l'échelle de la plante). » Le Cémagref et consorts entendent creuser une troisième voie, plus pragmatique : une machine principale qui travaillerait avec des machines plus petites coordonnées informatiquement avec elle. « Un opérateur pourra alors très bien, à partir de la cabine de la machine de tête, contrôler une ou plusieurs machines suiveuses. Une même machine pourra ainsi par exemple être utilisée au sein d'un groupe de machines dans une région céréalière et seule dans une région d'élevage. » Cette agriculture visionnaire est loin d'être fantasmatique, elle est déjà programmée avec une échéance fixée à trois ans !
Les dates-clés :
- 1989 - Première collaboration LASMEA/Cemagref sur le guidage par vision d'une machine d'entretien des espaces verts.
- Janvier 2004 - Création FR TIMS - Fédération de Recherche « Technologies de l'Information, de la Mobilité et de Sûreté » et du projet V2I « Véhicules et Infrastructures Intelligents » associant 3 laboratoires universitaires (LaMI, LASMEA, LIMOS) et 1 laboratoire du Cemagref (TSCF)
- 2005 - Mise en service de la plate-forme mobile AROCO (voir photo), démonstrateur support aux équipes pour le développement des travaux de recherche sur la mobilité en milieux naturels
Janvier 2007 - Evaluation de la FR TIMS par un Comité d'évaluation composé d'experts scientifiques internationaux
- 2010 - Démonstration de nouveaux véhicules robotisés dotés d'une haute capacité de déplacement en milieux naturels (vitesse de l'ordre de 10m/s) et capables d'évoluer en groupe.
Les chiffres clés :
-23 permanents Ingénieurs/chercheurs représentant 12 ETP (Equivalent Temps Plein)
-10 thèses en cours
Sur la période 2003-2006 :
- 65 articles scientifiques
-3 brevets
- Implication dans 2 projets européens et 1 en cours de montage dans le cadre du 7e Programme Cadre Européen - 2007/2013
Retrouvez dans notre dossier "La filière mécanique en Auvergne : des projets et des hommes"
> André Malet, président de ViaMéca
> Laurent Trassoudaine, chef de projet VIPA
> Nicolas Jalibat et Gérard Broussely, les experts Seccmas
> Thierry Vallenet, directeur d'ISI
> Sylvain Allègre, propriétaire-ingénieur mécanique Speed O Max
> Gérard Merle, propriétaire d'EMI
> Roland Auroy, commissaire général de la Satcar
> Philippe Fouet, président de l'association Automac
> Marc Megemont, directeur général de Mecauv