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«A la demande du président Serge Godard, le SMTC (Syndicat mixte des Transports Clermontois) a pris une délibération nous demandant une prestation qui consiste à relier le CHU à la place Henri-Dunant avec un système automatisé. Ce sera un véhicule dédié aux déplacements heptométriques en complément du tramway, » explique Laurent Trassoudaine enseignant-chercheur du Lasmea et porteur du projet VIPA (véhicules individuels publics automatiques). En 2010, le grand public pourra donc monter à bord de ces voitures sans chauffeurs, les VIPA, qui feront le lien entre un parking et l'entrée de l'établissement hospitalier et reviendront toutes seules à leur point de départ. Si dans le monde, plusieurs laboratoires de recherche planchent sur le sujet, le Lasmea a de fortes chances d'être le premier à voir son sujet de nombreuses thèses devenir une réalité à destination du grand public. « Si on réalise dans trois ans la prestation autour du CHU, ce sera une première mondiale pour l'homologation. Pour le moment, il existe très peu de moyens transports complètement automatisés, hormis le Val ou le métro de la ligne 14 à Paris, et encore ce sont des solutions guidées sur un rail avec une voie complètement protégée. » |
Un large consortium
Ce blanc-seing donné par Serge Godard est le fruit d'une fort intérêt des différents acteurs de la région pour les sujets ayant trait à la mobilité « Ces jours-ci est en train de se finaliser un consortium, réunissant du privé, du public, de la recherche, de l'industrie à l'échelle du territoire Massif central. Région, ville, état, métropole, pôle de compétitivité Via Meca, on marche tous ensemble main dans la main pour faire du concret, » se réjouit Laurent Trassoudaine. Et si longtemps il a manqué un industriel à l'affaire, c'est désormais chose faite avec le partenariat avec les laboratoires Apojée. « C'est une petite structure qui travaille avec la démarche et la rigueur des grands groupes automobiles mais qui a la réactivité des petites structures et qui sait produire des petites séries. C'est exactement ce qu'il nous faut, se félicite le porteur de projet heureux de VIPA. Avec ce labo, on va pouvoir passer à l'étape du « prototype industriel ». Il nous en faut dix exemplaires pour le projet du CHU. » Si cet essai grandeur nature se transforme en une réalité parfaitement gérable au quotidien, le VIPA pourrait connaître de beaux marchés avec en ligne de mire tous les grands équipements peu accessibles pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Laurent Trassoudaine évoque notamment les aéroports, les centres touristiques ou de congrès comme la Grande Halle. Mais son grand rêve serait de voir comme « une alternative de transport à quatre cinq ans, une flotte de VIPA pourrait alors inonder un quartier de façon spécifique. » Evidemment si ce cyber-quartier technologique abritait en sus un centre dédié à la mobilité, le rêve serait parfait.
Les dates-clefs
- Juin 1988 : le Professeur Jean Gallice décroche la participation du LASMEA (à l'époque laboratoire d'électronique) au projet européen Prometheus sur le thème de la perception multisensorielle pour la détection d'obstacles à bord des véhicules intelligents.
- Mars 2001 : Le LASMEA décide d'appliquer ses méthodes de perception artificielle et de commande des systèmes robotisés aux VIPA (véhicules individuels publics automatiques)
- 16 février 2007 : le SMTC planifie la mise en œuvre de VIPA aux abords du CHR
- Juin 2010 : une ligne de VIPA est mise en service au CHRU pour acheminer les visiteurs depuis la station de tramway ou le parking
- 22 Novembre 2015 : le cyberquartier des pistes est équipé d'une flotte de VIPA qui achemine, sans infrastructure spécifique, les habitants depuis leur résidence vers le tramway, les commerces, ...et ce en toute autonomie.
Les chiffres clefs
- 5 hectomètres : la distance médiane ciblée par ce mode de transport
- 40.000 VIPA : le marché envisagé à moyen terme en France
- 1,4 M€ : le coût de PAVIN (Plate-forme d'Auvergne pour Véhicules INtelligents) opérationnelle fin 2007
- 55 : le nombre de chercheurs/ingénieurs/doctorants mobilisés sur le thème des véhicules routiers et urbains intelligents
- 20 ans : le temps pour que la vision conceptuelle des VIPA finisse par inonder nos hyper centres urbains (1995-2015)
Retrouvez dans notre dossier "La filière mécanique en Auvergne : des projets et des hommes"
> André Malet, président de ViaMéca
> Nicolas Jalibat et Gérard Broussely, les experts Seccmas
> Michel Berducat, ingénieur de recherche au Cemagref
> Thierry Vallenet, directeur d'ISI
> Sylvain Allègre, propriétaire-ingénieur mécanique Speed O Max
> Gérard Merle, propriétaire d'EMI
> Roland Auroy, commissaire général de la Satcar
> Philippe Fouet, président de l'association Automac
> Marc Megemont, directeur général de Mecauv